BOURGUIBA

« Les Arabes n’en finissaient pas de célébrer leur indépendance. Mon père s’était mis à participer avec enthousiasme à la Chambre de Commerce Tunisienne. Lui aussi était gagné par la joyeuse effervescence qui s’était emparée du pays. Bourguiba sillonnait le pays, à cheval, en voiture décapotable, à pied, les bras pleins de fleurs, adoptait d’un seul coup tous les orphelins, distribuait la terre aux paysans, offrait les clés de nouvelles maisons aux sans- abris, la tête haute, le regard au-dessus des foules qui l’acclamaient, le visage lumineux, irradiant de joie et d’optimisme, souriant à pleines dents. Les routes étaient décorées d’arcs de triomphe fabriqués avec des branches de palmier et surmontés de son portrait. Au cinéma, ses apparitions étaient saluées d’applaudissements et de rires. Sur la première page des journaux, il souriait encore et son sourire nous faisait sourire et tout le pays souriait et riait sans crainte de ses manières, ses chapeaux, ses caprices, ses coups de cœur. Tout le monde aimait Bourguiba. Je l’avais vu deux fois et à chaque fois mon regard avait croisé le sien. Ceux qui voulaient quitter le pays s’en allaient. Dédé, Jojo, Sam, Eddy, Jonathan, Mami, Mahmoud et tant d’autres restaient. La maison était de nouveau pleine d’agitation et de rires.  »
Extrait de « Sfax, la ligne droite » de moi-meme (Kindle)

2 réflexions au sujet de « BOURGUIBA »

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